Un hiver dans le coeur

Des amis, j’en ai toujours eu…
Comme on porte la lumière autour de soi sans même s’en rendre compte.

J’ai longtemps été entourée de rires, de voix, de messages qui n’en finissaient plus.
Toujours un téléphone qui sonnait, une sortie improvisée, un voyage à raconter au retour.
Les jours étaient pleins de visages, les nuits pleines de confidences.

On se disait tout.
Les blessures, les rêves, les amours qui brûlent et les peines qui abîment.
On refaisait le monde entre deux cafés, entre deux éclats de rire, sans jamais voir le temps passer.

Et puis un jour, sans bruit, la vie m’a déposée loin de tout.
Dans un pays où personne ne connaît mon prénom,
où mes silences ne trouvent aucun écho.

Aujourd’hui, je marche seule.
Je mange seule.
Je bois mes cafés face à des chaises vides.
Et parfois, mes larmes sont les seules à me tenir compagnie.

La solitude est étrange…
Au début, elle fait du bruit.
Puis elle s’installe doucement, comme un hiver dans le cœur.

Et moi, jour après jour,
je me noie un peu plus dans son immensité silencieuse.

Cette douleur qui ne dort jamais

J’ai passé trente ans à espérer, à rêver et à prier pour qu’un jour quelqu’un entre dans ma vie et prenne enfin soin de moi. Quelqu’un qui m’aime pour ce que je suis, et non pour ce qu’il aimerait que je sois. Pourtant, à chaque fois, je me retrouve face à la même déception.

Mes parents ont pris soin de moi à leur manière. Une manière qui de l’extérieur pouvait sembler suffisante mais qui m’a profondément blessée. Une manière qui m’a laissée avec des traumatismes, qui m’a fragilisée et dont je porte encore les blessures aujourd’hui.

Pour moi aimer quelqu’un c’est prendre soin de lui. Les mots, les promesses ou les grands sentiments ne suffisent pas. Je ne cherche pas qu’on me dise qu’on m’aime je cherche quelqu’un qui me facilite la vie, qui allège le poids immense que je porte depuis si longtemps. Quelqu’un qui donne avec générosité, sans calcul, sans attendre quelque chose en retour, simplement parce que mon bien-être lui importe.

C’est peut-être cela, au fond, la forme d’amour que j’ai toujours cherchée, un amour qui apaise au lieu d’épuiser, qui protège au lieu de blesser, et qui fait enfin de la vie un endroit un peu moins lourd à porter.

Et cette soif d’être enfin prise en charge par quelqu’un ne cesse de m’étouffer. C’est un vide qui ne se comble jamais, une douleur sourde qui m’accompagne chaque jour. Par moments, elle devient si intense qu’elle m’empêche de dormir.

J’ai l’impression de porter seule un fardeau depuis toujours, d’avoir été forte par nécessité plutôt que par choix. Tout ce que je désire aujourd’hui c’est connaître ne serait-ce qu’une fois la sensation de pouvoir déposer ce poids sur les épaules de quelqu’un qui me choisit, qui prend soin de moi avec tendresse et constance, sans que j’aie à le mériter, à le réclamer ou à le négocier.

Je ne cherche pas à être sauvée. Je cherche simplement à savoir ce que cela fait d’être, enfin, portée un peu par quelqu’un d’autre.